LES ÉCRITURES DE PATRICIA TURCOTTE

Des articles sur des sujets sociaux et vie citoyenne-politique, ainsi que des romances d'intérêts publiques. Bienvenue sur mon blog, Patricia Turcotte

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Lieu : Saint Georges, Québec, Canada

Un Vieux-Sage m'a dit:" Patricia, cherche bien dans le plus profond de ton être, ce que tu aimerais accomplir à compter de ce jour, et ce, autant dans la pauvreté financière, dans la maladie et la solitude, que dans la prospérité, la santé, ou la célébrité." Sans hésiter je lui réponds: Écrire. Ce sage me réfère alors au dicton populaire: Plus tu attends d'avoir l'air d'un ange pour agir et plus tu risques d'avoir l'air bête. Bienvenue sur ce blog ! Patricia Turcotte

mardi 19 mai 2009

NOBLE AVENIR POUR LES AÎNÉS DÉFAVORISÉS ?

Dans la société d’aujourd’hui, il y a des aînés retraités profitant d’une retraite dorée, et habitant dans des résidences luxueuses et sécuritaires. À mon avis, ils méritent vraiment cette vie de repos, tout comme chaque personne âgée devraient aussi accéder à une vie plus enviable, que celle de végéter quotidiennement. La plupart du temps, ces personnes qui sont aussi parfois nos parents, nos grand-parents, nos oncles et tantes, nos amis et nos voisins ont bossés à la sueur de leurs fronts, dans la grande misère économique. On taquine de temps en temps nos aînés avec un bel humour, en les surnommant parfois: les personnes du 3ième âge, les aînés, les retraités, les gens âgés, les petits vieux et les petites vieille.

Cette chronique sur l'avenir des aînés plus défavorisés par la vie, est une suite du texte intitulé: À quel âge on devient une personne aînée?

Je poursuis donc cette réflexion, en partageant brièvement le sort de 4 personnes retraitées de mon entourage: Berthier, Pénélope, Serge et Marie-Rose. Ce sont tous des gens inaptes au travail, donc reconnus par l’assistance-sociale comme étant des personnes inaptes au marché du travail, avec des restrictions sévères à l’emploi. Advenant un boulot à temps partiel, elles ont droit de gagner $100. par mois, sans être pénalisées par l’assistance sociale. En général, elles ont la possibilité de toucher la somme approximative de $1,030. par mois, avec la Régie des rentes.

LA SITUATION D'UN VIEUX COPAIN DU QUARTIER, BERTHIER

Berthier est un homme âgé de 65 ans, qui vit de l’assistance sociale depuis quelques années, suite à de graves problèmes de santé physique et mentale. Il touche $900. mensuellement, grâce à l’assistance-sociale et de la Régie des rentes. Ce sympathique bonhomme fume 1 paquet de cigarettes par jour. Donc, j’écris $180. par mois pour payer son seul loisir; pardon, son seul défaut, me marmonne Berthier d’un air débonnaire et joyeux.

J'ajoute que ses poumons et ses bronches resplendissent de santé. Ce que déplore mon vieux copain de toujours, ce sont ces remarques insultantes des autres: "ce qui me ronge de culpabilités et de remords, ce sont les tas de commentaires déplacés, déplaisants et décourageants, au sujet de ma dépendance à la cigarette. D'autant plus que je dois sortir dehors en plein hiver, pour fumer deux cigarettes à la fois, et ce, à toutes les heures, et je ne m’en plains pas du tout; je dérange qui? Qu'en va-ton me foutre la paix bénite ? Si bien que je me questionne à savoir si ce ne serait pas cet énorme stress qui finirait par avoir raison de ma santé "?

Dans une résidence d'accueil depuis plus de 10 ans

Son quotidien se passe dans une résidence d’accueil qui coûte $650. par mois, où logent 5 autres personnes. Berthier a accès à l’allocation-logement au montant de $80. par mois, ce qui revient à un loyer de $570; ses autres dépenses personnelles sont: $20. pour un restaurant par mois, en compagnie de toute la maisonnée; ainsi que des dépenses personnelles de $2. par jour, ce qui s’élève à $60. par mois, pour survivre dignement, dès qu’il ouvre les yeux de sa chienne de vie; pour reprendre l’expression de Berthier.

Encore la douleur chronique, les limitations physiques et mentales

Notre ami vit avec un important handicap physique, et de la douleur chronique présente du matin jusqu’au lendemain matin. Personne ne semble s'apercevoir qu'il aurait grandement besoin de massages musculaires, à chaque jour. Chaque jour, Berthier prends ses marches dans son patelin, en utilisant une canne.

Pourtant, ça ne prends pas un voyant pour constater ses douleurs et difficultés à marcher. Sans aucun loisirs ni sorties, à part le jour de Noël et le jour de l’an., parce que sa grande sœur a l'amabilité et la générosité de venir le chercher. Berthier ressemble à itinérant dans son quartier. Quoique ceux qui ont le bonheur de découvrir un charmant gentlemen en ce personnage, en conservent tous un excellent souvenir, pour le reste de leurs vies.

Cela est vrai, car Berthier fait partie de mes véritables amis, même si on ne se voit que très rarement. Pour terminer son histoire, il lui reste seulement $70. pour survivre à chaque mois. Cela sert à payer ses transports adaptés, ainsi que quelques morceaux de linges achetés au comptoir d’amitié, de son village.

LA SITUATION DE PÉNÉLOPE

Pénélope est âgée de 51 ans, qui attend l'occasion de survivre encore plus dignement, en accédant à un HLM, ainsi qu'à l’allocation-logement qui impose d’avoir atteint l’âge de 55 ans. Comme tant d'autres citoyennes, Pénélope n’envisageait pas sa future retraite, de cette façon.

Elle cite: "Dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l'on veut, mais bien ce que l'on peut". Elle est maman d’un grand garçon adulte et marié depuis 2 ans.

Divorcée devant les lois civiles et religieuses, je considère Pénélope comme étant libre devant Dieu et devant les hommes; enfin c’est ce que font croire les rumeurs populaires et religieuses. Pénélope refuse difficilement de signer dans les documents légaux et gouvernementaux: divorcée.

Confidences touchantes intimes, Régie des rentes d'invalidité, assistance sociale, aucun loisirs

Pénélope est une femme retraitée par la force des choses, depuis l’âge de 36 ans. Suite à un accident de travail, celle-ci vit depuis 1993 sur la Régie des rentes d’invalidité, et l'assistance-sociale. Son revenu de $900. par mois semble élevé au premier abord, sauf si on a l’occasion de s'asseoir à son bureau, en sirotant un délicieux café; tout en observant ses comptes mensuels prélevés de son institution financière, à chaque mois. Voici combien lui coûte la base de son quotidien normal, sans luxure ni loisir; soyez-en assurés car j’en suis témoin en ce jour.

Ah oui, Pénélope n’a pas l’occasion de s’impliquer dans aucune forme de loisirs ou activités sociales, gouvernementales ou religieuses. Les raisons principales étant qu’elle vit en dessous du seuil de la pauvreté, tout en composant chaque jour avec la douleur chronique et un handicap non apparent.

Je reviens aux montants de son revenu et de ses dépenses de bases, à payer mensuellement. Tout s’élève à $700. par mois: son loyer est au prix de $475. exclus le chauffage et l’électricité à $60; son assurance responsabilité s’élève à $20. par mois; la T.V., le téléphone, les appels interurbains et l’inter-net s’élèvent à $115. par mois en forfait tout inclus.

Ici j’ouvre une parenthèse pour écrire que Pénélope n’a pour seuls loisirs: l’écriture et quelques petites marches à l'extérieur.

Transports médicaux à Québec, son loisir de l'écriture comme implication dans la communauté et dans la société, pas d'ange gardien pour Pénélope,

Je poursuis avec son épicerie de $150. par mois; deux transports adaptés par mois de $12; remède non couvert de $10; l’aide aux tâches ménagères coûtent $30. par mois. Voilà un total de $842. pour survivre dignement, à chaque jour. Pénélope consentirait sans hésiter à obtenir l'euthanasie médicale, tellement ses maudites douleurs chroniques empirent, de semaine en semaine.

Quand survient le temps de toucher la TPS et la TVQ, elle prend une grande respiration, pour ensuite crier à tue-tête dans son loyer; même si personne ne l’entend, ni même son ange gardien en qui elle n'adhère même plus. Ces revenus supplémentaires servent à se payer une sortie au cinéma, à tous les trois mois, et le reste va en épargne pour payer ses transports médicaux à Québec, environ 5 fois par année.

Mais, à quel âge devient-on vieux?

Pénélope et Berthier apprécient énormément d’avoir la chance de ne pas devenir des itinérants du Québec, ou des personnes habitant dans les pays encore bien plus démunis, par exemple, le Mali en Afrique. Leurs vies quotidiennes sont composées de trois repas sûrs à chaque jour, quelques cafés au Bistro du coin à chaque mois, un party ou deux lors des fêtes de Noël et du nouvel an, et bien entendu, des cigarettes pour Berthier et un beau vêtement par année pour Pénélope.

Sans l'ombre d'un doute, je me questionne encore davantage, après avoir rencontré ces braves personnes. Mais à quel âge on devient une personne âgée? À suivre bientôt: les situations semblables mais différentes, de Rose-Aimée et Serge.

Patricia Turcotte © Le 19 mai 2009

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