LES ÉCRITURES DE PATRICIA TURCOTTE

Des articles sur des sujets sociaux et vie citoyenne-politique, ainsi que des romances d'intérêts publiques. Bienvenue sur mon blog, Patricia Turcotte

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Lieu : Saint Georges, Québec, Canada

Un Vieux-Sage m'a dit:" Patricia, cherche bien dans le plus profond de ton être, ce que tu aimerais accomplir à compter de ce jour, et ce, autant dans la pauvreté financière, dans la maladie et la solitude, que dans la prospérité, la santé, ou la célébrité." Sans hésiter je lui réponds: Écrire. Ce sage me réfère alors au dicton populaire: Plus tu attends d'avoir l'air d'un ange pour agir et plus tu risques d'avoir l'air bête. Bienvenue sur ce blog ! Patricia Turcotte

jeudi 21 janvier 2010

MA MAISON DE PAIX ( Chapitre 14 et 15 )

Chapitre -14- MERCI MON DIEU TU ME LAISSE UNE SECONDE CHANCE Je vois avec des yeux nouveaux, tous les visages de l’Amour

Ayant initié la rupture de notre couple, Michel a tout de même accepté sans se lasser, la fréquence constante de mes appels téléphoniques, et ce, autant pour jaser avec mon garçon Cédrick que pour discuter et échanger avec lui. Il a su aussi être à l’écoute de mon trop long silence de deux jours, à la fin d’avril 1993. Il est vrai que je lui avais confié discrètement mes idées noires, tout comme à quelques amis. Michel m’a littéralement sauvé la vie, en appelant les ambulanciers. Un autre cadeau de la vie fut cette attachante fraternité véritable, conservée au-delà de cette triste et déchirante rupture, et ce, jusqu’à la fin des brèves démarches légales et ecclésiastiques. À travers ce témoignage, je m’adresse à toi Michel.

- « Merci cher Sage Michel ».

Un dernier au revoir

Dans un semi-coma aux soins intensifs de l’hôpital, j’entrevois à mon chevet les membres de ma famille réunis pour un dernier au revoir. J’aperçois avec des yeux nouveaux, tous les visages de l’Amour. J’entends à deux reprises une douce et apaisante voix intuitive intérieure, située dans la région de mon cœur, me murmurer:

- « Merci mon Dieu, tu me laisses une seconde chance. »

C’est difficile de passer sous silence, la façon sage de mon frère me convaincre de croire à cette deuxième chance. Dans ce bref instant de très grande lucidité où j’ouvre soudainement les yeux, Yan se penche vers moi en me regardant avec compassion droit dans les yeux, en me disant d'un ton convaincu:

-« Lara, crois que tu vas vivre et que tu vas marcher de nouveau. » À cet instant bien précis, cette seconde parole du cœur et de foi entre directement dans mon cœur et dans mon esprit. Je sais instinctivement et clairement que je vais vivre et que je marcherai de nouveau. Un dernier regard du cœur vers mes deux sœurs et ma petite maman chérie, me redonne la certitude qu’un baume de guérison sera ajouté à leurs pesants chagrins évidents à mes yeux. Comment exprimer aux miens que je resterai près d’eux, alors que l’on me donne les derniers sacrements des mourants. Je ressens une peine d’une intensité si profonde, que je ne peux la décrire avec des mots humains. Depuis ce jour-là, je redis sincèrement à chaque matin, un véritable « Oui » à la Vie, peu importe le degré de douleur physique, morale ou spirituelle qui fera toujours partie de la condition humaine.

Un fardeau moral allégé

J’assumerai jusqu’au bout de ma vie, la responsabilité de ce malheureux geste de désespérance. Pour une dernière fois, je lançais un cri silencieux de profondes souffrances et de grandes ignorances. La seule différence d’hier à aujourd’hui, c’est que je rejette une partie du lourd fardeau qui ne m’appartenait pas entièrement ni tout à fait complètement. Où se trouvait mon libre arbitre ? Bien loin ailleurs, comme si on me l’avait retiré un certain temps. Ma petite croix d’amour personnelle me suffit amplement. Tous les chemins mènent à son cœur d’enfant

L’assistance de professionnels hautement qualifiés serait nécessaire pour décrire correctement ces instants privilégiés racontés dans une optique nouvelle. Peu importe les termes utilisés pour partager ces expériences personnelles, je grillais d’envie depuis si longtemps de transmettre mon message avec le plus de justesse et d’exactitude. Au-delà des différences de croyances, de cultures, d'idées politiques et de religions, c’est évident que tous les chemins mènent à son cœur d’enfant.

J’apprécie le cadeau reçu de ce nouveau regard de connaissance sur ma vie passée et présente. Tant de demandes avaient été acheminées à papa Bon Dieu, à travers mes vœux et prières. J’ai capté une vérité qui devint la mienne, soit que nos demandes ne se réalisent pas nécessairement à l’heure des horloges des hommes. Il aura malheureusement fallu une expérience aussi déconcertante, pour capter le vrai message. Ça ne m'empêchera pas de croire encore que l'on découvrira, bientôt ou trop tard, que je souffre réellement d'un mal physique non encore diagnostiqué. À ce stade-ci, autant me fermer la margoulette pour très longtemps, ou du moins, jusqu'à la prochaine crise de douleurs aigüe "qui rendrait fous n'importe quelle personne en excellente santé physique et mentale. Demande spéciale: Un jour à la fois, de Ginette Reno.

Ma maison de paix

À partir de ce jour-là, encore allongée sur mon lit d'hôpital, je découvris que ma véritable maison de paix se trouvait à nul autre endroit qu’à l’intérieur de mon être. Cela ne m’empêchait pas de traverser toute une quête d’identité. C’est noble de trouver un sens à ses souffrances et à la vie. Pourquoi ne pas aussi découvrir un sens à ma vie ?

L’homme est à son meilleur, quant toutes les choses sont au pire.

Depuis ce jour, où je me suis légèrement éveillée aux soins intensifs de l’hôpital, j’ai dû affronter toutes les épreuves que j’essayais de fuir par ce geste du suicide. Pire encore, il a fallu que je passe à travers de nouvelles situations désarmantes, vu l’impact d’un tel geste de désespoir, non seulement sur moi, mais sur toutes les personnes de mon entourage et de la société.

Je n’ai pas à regretter mes luttes passées, ni à faire comme si elles n’avaient jamais existées; je vais plutôt les utiliser pour vivre en toute liberté. ( Auteur Inconnu )

Redécouverte Dès mon réveil du coma/semi-coma, une paix profonde accompagnée d’une soif de vivre évidente me revient instantanément. Si bien que, je dois accomplir un effort surhumain pour parvenir à bien doser mes émotions et mes mots pour exprimer ça plus simplement. D’où est-ce qu’elle sort cette nouvelle façon de maîtriser les débordements émotifs ? Le mode de vie des douzes étapes fonctionne pour vrai. Il faut bien avouer aussi que la vision entrevue lorsque je me trouvais dans la baignoire froide, me laissera un goût amer au cœur, tout comme la souffrance immense côtoyée sur le visage de mes proches. Malgré tout, aucun sentiment de culpabilité ou de remord ne se loge en moi. Seul un repentir sincère restera toujours présent au creux de mon être, et bien qu'il partira dans un avenir proche, je m'en souviendrai à chaque jour de mon existence. Pourtant, les anciennes blessures au dos ne sont pas disparues comme par enchantement, puisque celles-ci toujours présentent, ne sont ni mieux ni pires. Autant passer l’éponge sur cet épineux dossier tant soulevé sans succès. Après tout, je suis toujours considérée comme une malade imaginaire et mentale. Je me suis mise à genoux dans ma chambre d’hôpital, pour ne pas devenir une folle de Dieu.

L'impact sur moi

Même s’il est préférable de ne pas tenter de s’enlever la vie, j’avoue humblement que cela a eu un impact positif sur ma personne. Si bien que, je pourrais écrire des millions de pages pour raconter mon bonheur de vivre, depuis depuis ce jour où la vie m’a redonné une seconde chance. Pourtant, je ne suis pas au bout de mes peines.

Demande de l’aide - Demand of the help - Pedir Ayuda

À mon avis, il faut demander de l’aide dès que l’on commence à ressentir ce découragement et frapper à toutes les portes, jusqu’à ce que des gens capables d’aider nous répondent. Au-delà des blessures physiques ajoutées, la plus grande blessure ne sera jamais visible à l’œil nu, soit la peine infligée aux être chers.

Bien au contraire, il y a des nouvelles épreuves à traverser: mon bras gauche ne se lève à peu près plus, comme s’il y avait une importante fracture à l’épaule. Pourtant, il n’y a aucune fracture évidente suite à une radiographie demandée par le physiothérapeute, après un mois de traitements. Mon poignet gauche, autant l’oublier tellement il fait pitié à voir, en étant tout mou et sans aucune vie possible pour le rétablissement, même si je ne le ressens plus du tout. Quant à ma main gauche, c’est plus que catastrophique. Celle-ci ressemble précisément à celle d’une personne souffrant d’un récent accident cardio-vasculaire ( ACV ). Pour mes doigts de la main gauche, ceux-si se sont refermés et devenus entièrement crochus, en plus de me faire atrocement souffrir autant que le bras gauche. C’est affreux comme désastre. Des douleurs aigües aux deux pieds, douleurs appelées paresthésies, se prolongent pendant une année entière. La douleur ressentie ressemble à des piqures d'aiguilles chaudes que l'on enfoncerait dans mes deux pieds engourdis dans un bloc de ciment. Ne tente même pas de t’imaginer cela, c’est quasi indescriptible sans l’avoir vécu. Même si on me prescrit des remèdes contre ces douleurs, celles-ci ne trouvent pas soulagées. Sans compter que tout le muscle de ma cuisse droite se trouve entièrement enfoncé par l'intérieur. C'est exactement pareil pour le muscle de mon épaule gauche et du côté droit de la tête.

Séquelles physiques permanentes

En couchant ces lignes sur le clavier de l'ordinateur après dix-huit années, voici ce qu'il me reste comme séquelles physiques suite à ma tentative de suicide. Mes deux pieds demeurent toujours comme pognés dans le ciment, quoique je parviens maintenant à bouger légèrement les orteils. Pour mon poignet et ma main gauche, le même phénomène reste présent que celui des pieds. Néanmoins, je parviens seulement à baisser ma main droite à 35 degrés, comme si elle se trouvait aussi bien mal prise dans le ciment. Si c'était mon pire ennemi qui m'avait causé ces problèmes, je dirais qu'il a tenté de me couler dans le ciment. En réalité, nous sommes tous nos meilleurs amis pour nous-mêmes, et nos pires ennemis. Pour te décrire le phénomène, si je tente de porter un collier, cela peut me prendre dix minutes ou trente secondes. À chaque fois que vient le temps de me donner un coup de peigne ou de brosse dans les cheveux, je dois veiller à camoufler le muscle enfoncé sur le côté gauche au dessus du front. Rien ne paraît aux yeux des autres, en autant que je ne porte plus de léger cache-cœur, ou bien, un bermuda ou une jupe trop courte.

Je suis consciente que cela ne serait pas arrivé sans ce malheureux geste de désespoir. Une force nouvelle se loge dans mon être, pour endurer ce calvaire nouveau ajouté aux douleurs lombaires toujours bien présentes,quoique pas pires ni mieux.

La société est aussi faible que le plus faible de ses citoyens

Sans oublier de mentionner l’impact de ma tentative de suicide, sur mes proches, mon entourage et dans la société. Seules les personnes qui ont été témoins de cet événement tragique sont en mesure d’en témoigner. Un peu plus loin, j’aborderai plus en profondeur une partie de cet impact sur les autres, mais en fonction de mon propre regard et vécu à ce propos.

Il y a aussi, c’est bien évident, un effet d’entrainement sur toute la société et l’humanité, à travers une tentative de suicide. Cette vision ne viendra qu’un peu plus tard. Est-ce que je possèderai toujours cette nouvelle énergie pour traverser ce qui s’en vient à grand pas ? Après tout, nous formons tous une chaîne humaine, et la société est aussi faible que le plus faible de ses maillons.

Étendue sur mon lit d’hôpital pendant plus de deux mois, j’apprécie le cadeau reçu de ce nouveau regard lancé sur ma vie passée et présente. Il a fallu une expérience aussi difficile pour capter le message. Tout ces minimes gestes communs du simple quotidien prennent déjà un sens neuf. Je passe trois semaines en fauteuil roulant, trois semaines avec l’aide d’une machette, deux mois avec une canne à trois pattes, pour fonctionner maintenant avec l’aide d’une canne pour réapprendre à monter et à descendre des marches d’escaliers. Pendant une année entière, je reçois des souffrants traitements de physiothérapies reçus par Paulin, afin de redonner vie à tout mon bras gauche. Lorsque vient le temps de tenter de redresser les doigts de ma main gauche, je hurle du début des traitements et jusqu’à la fin de ceux-ci. Je remercie sincèrement toute l’équipe de physiothérapie du Centre hospitalier. C’était évident pour tous, mon poignet et ma main gauche ne reviendraient pas à la vie.

Quoi….un miracle !

On me révèlera seulement à la fin de cette hospitalisation, que je ne devais même plus remarcher. Pire encore, Michel me confie qu’on lui a demandé par le biais du téléphone, s’il consentait à ce que l’on me coupe la jambe gauche. Aux soins intensifs, mes reins ne fonctionnaient plus et il était question de minutes avant mon décès. Même le petit Frère Laurent, présent sur les lieux de l’extrême onction, a affirmé à un proche que je suis une miraculée. C’est audacieux de citer cette dernière phrase, mais celui-ci me l’a même confirmé deux ans plus tard, lors de ma première visite en sa compagnie, à l’Oratoire Saint-Joseph. Que s’est-il donc passé ? Peu importe. Le plus grand Maître de tous les maîtres du monde, docteurs et guérisseurs de la Terre, reste toujours à mes yeux, le véritable prophète appelé Jésus de Nazareth. Au-delà de tous les enseignements reçus qui risquent d’être vrais ou faussés, la vérité passera toujours pour ce grand Prophète et Maître. C’est un risque énorme de publier ces choses, mais tant qu’à avoir été déclarée dingue à vie, autant m’envoyer en l’air une bonne fois pour toutes.

Frère André

Ça me gêne un brin de l’avouer à travers cette romance, mais c’est pourtant la vérité. Il y a un temps pour se questionner et critiquer les enseignements de la religion catholique et des Évangiles, et vient ensuite une période pour témoigner de mes expériences vécue. Je précise une dernière fois, que si on m’avait enseigné d’autres croyances ou vérités, celles-si se seraient sûrement réalisées d’une façon semblable mais différente. Le plus important à mes yeux, c’est de retrouver sa Source Intérieure, au-delà du nom qu’on lui prête. Depuis l’âge de huit ans, je me tournais toujours vers ce personnage possédant le don de guérison, pour venir à mon secours. Mon père avait placé le cadre de son héros favori du petit Frère André, au mur de notre salon familial. À chaque fois que j'étais bien mal prise dans ma jeunesse, je me retournais vers ce personnage pour lui demander la force de continuer ma route. Et, si le petit frère André avait décidé de me jouer un vilain tour, en se servant d’un petit frère humain, pour que mon bras gauche reprenne vie ?

Ma force intérieure

L’inertie de mon poignet gauche entièrement mou et sans espoir de guérison, m’affecte énormément, en plus de la douleur constante. Même mon accompagnateur de route croit impossible cet étonnant rétablissement qui est survenu quelques semaines plus tard. Frère Michel

Au moment où je ne m’y attends pas du tout, Michel mon plus fiable compagnon de route me transmet un super bon truc pour guérir mon poignet:

- « Lara, si ton bras gauche fait très mal et que ta main gauche fait terriblement mal aussi, c’est plus qu’évident qu’il y a encore une connexion vivante entre les deux. Essaie de débuter aujourd’hui même dans ce lit d’hôpital, cet exercice: Tente de laisser ta main se tenir debout en la soutenant très légèrement. Tu verras sûrement se produire quelque chose d’extraordinaire. On s’en reparlera. »

Appréciation Quelques jours plus tard, je surprends Paulin du service de physiothérapie de l’hôpital, en lui démontrant sans l’ombre d’un doute que mon poignet reprends vie. En recevant mon appel téléphonique de ma chambre d'hôpital, Paulin me réponds que cela est carrément impossible; ce doit être un mirage. Est-ce qu’on va exigé la canonisation du petit Frère André ou si on va faire déclarer saint le petit frère Michel ? L’humour entrait de nouveau dans mon cœur. Je recommence peu à peu à sourire et même à rire aux larmes, malgré les malaises physiques encore plus importants. Si je n’avais pas cru en la sage parole de Michel, en ne pratiquant pas pendant de très longues heures et jour après jour, l’effort de tenir ma main en l’air en retenant mon poignet, jamais je n’aurais été guérit. Je me suis souvenue d’une grande force dormante au fond de mon être.

Merci encore une fois ami Michel, pour cette parole de foi et de guérison. Merci aussi à toi petit Frère André. Merci sincèrement au Docteur Tarzan, ainsi qu'au physiothérapeute Paulin et à tout le personnel de l’hôpital. Je ne dois pas oublier de citer un sincère merci à ma petite maman July qui fut présente à mes côtés, à tous les jours de ce rétablissement, ainsi qu’à ma sœur Sarah-Maude. Pour ne pas oublier de citer toutes les personnes qui, au devant de la scène ou dans l’ombre, ont posés un geste d’entraide amical ou médical, ou adressés une bonne prière dans leurs cœurs pour me transmettre ce nouveau courage pour continuer à me battre envers et contre tous, et advienne que pourra.

Ces légendes de mon enfance

Crois-moi sincère, je ne suis pas encore sortit du bois. Bien des maitres, des adversaires redoutables et des Ti-Counes me surprendront au détour, quand ce ne sera pas à chaque coin de la rue. Elle sera mise à rude épreuve cette nouvelle foi à déplacer des montagnes, qui semble s’être bien logée en moi.

Avant de retrouver l’usage de mes jambes, c’est-à-dire, après être sortie entièrement du semi-coma, j’observe sans cesse les travailleurs de l’hôpital et les visiteurs, en étant complètement renversée de voir leurs visages ordinaires. À leurs places, je serais tellement heureuse de marcher. C’est là que je réalise tous les merveilleux cadeaux offerts dès ma naissance. Hélas, je ne m’en rendais pas vraiment compte. Faire la vaisselle en se servant de mes deux bras, ce fut impossible avant un an. Attacher mes lacets de souliers, devint un tour de force à chaque fois. Dès que je parvenais à terminer la boucle, mon chat s’emparait du bout du lacet, pour tout reprendre à zéro. Et, si mon chat Bozo était devenu un maître à son tour ? Incroyable mais pourtant réalité ! Et puisque je ne ne pouvais plus bouger mes jambes pour marcher, je demande discrètement à mon physiothérapeute Paulin.

- « Est-ce que mes jambes vont aussi revenir à la vie ? »

En se pendant très discrètement vers moi et en s'assurant que personne ne l'entends, il murmure à mon oreille:

- « Lara, si tu crois en Dieu, demande-lui aussi de retrouver l’usage de tes jambes. »

Humblement, un vœu sincère part vers l’Aide d’en-Haut.

« Mon Dieu, je te redonne tous mes membres si tu les veux, mais laisse-moi au moins la vie s.v.p. »

Étendue sur mon lit d’hôpital, je prends la décision de revenir au plus simple, mais tout en continuant mes quêtes de vérités qui se poursuivront durant toute mon existence. Trois semaines plus tard, on découvre soudainement un abcès pulmonaire. Un transfert d’urgence s’impose vers un grand Centre hospitalier de Québec. Encore un peu déboussolée de quitter la région, j’ajoute audacieusement cette pensée vers le Ciel:

« Que ta volonté soit faite et non plus la mienne. ». Cette phrase devient si simple à réciter à chaque jour, mais dans ces conditions, cela ne s'accomplit par en un tour de magie.

Autant suivre les enseignements appris dans mon enfance. Quoi faire de mieux dans l’état qui fut le mien ? Ce sont les paroles de la belle prière du Notre-Père. Fidèle pèlerine devant l'Éternel, je lui confiais ma vie. Mon corps et mon esprit demeuraient passivement avec le bon vouloir de la science et de la religion. Évidemment, je me suis empressée de demander la force de partir à nouveau à la recherche de mon libre arbitre; retrouvé entièrement quelques années plus tard.

Oupsss....! Encore la présence d'un fantôme ou d'un mort. Je me trompe, c'est mon Vieux-Sage qui semble s'intéresser à moi, même si je l'ai envoyé au feu du presbytère.

"Qui va là ?"

Roland D'Aigle: " Si j'étais à ta place, j'aurais peur de passer pour une sainte après mon décès ?"

Lara: "Il n'y a aucun danger en ce sens. Le risque est bien plus grand que je passe pour une martyre après ma mort, surtout lorsque la médecine va découvrir un cancer dans le dos. Dorénavant, j'éveillerai et je conserverai toujours mon côté critique envers la religion, la médecine, la politique, comme envers toutes les vérités qui ne sont miennes que "pour aujourd'hui seulement".

Roland D'Aigle: "Tu m'encourages Ti-Fille". Attends tout de même de voir le pot aux roses qui se trame dans ce dos, et tu me recontactera sûrement. À très bientôt Patricia."

Lara: "En attendant que cela se produire, décrisse ton camp au feu de l'enfer Vieux-Sage. Je suis à la lettre les enseignements reçus du prêtre Prud'homme, en m'éloignant de tous ceux qui n'adhère plus à la sainte religion catholique. Ainsi, tu rejoindras plusieurs personnes que j'ai maudit à ce feu du presbytère, au nom de ma foi. Il y a eu deux gros chiens noirs avec leur maître, tous les beaux livres de Placide Gaboury, y compris le livre que tu m'avais proposé de Emmex Fox: Le sermon sur la montagne. Ceci est encore mon choix "pour aujourd'hui seulement. Ah oui Roland, même le curé a dit à ce maître des deux chiens, à qui j’avais confié ce secret, que j’avais tout interpréter ces choses de travers. Que d’hypocrisie lorsqu’on dénonce des vérités ! Adieu Vieux-Fou diabolique et retourne au Nouveau-Brunswick avec ta charmante compagne Denise, que j’affectionne toujours beaucoup malgré notre éloignement, là où les hautes autorités religieuses et médicales essayaient en vain de cacher le petit Frère André. »

En physiothérapie Le physiothérapeute Paulin doit forcer pour que mes doigts de la main gauche se ferment complètement. Cette année-là, je me suis procurée une petite boule molle que je pétrissais à longueur de journée et même en public. Quelques individus m'ont dit que j'avais plutôt l'air bizarre. Après tout, le psychiatre Métivier a bien dit à ma parente proche appelée Sandra, que j'étais spéciale. Il ne se trompe pas, car on écrira quelques années plus tard sur le cancer des os qui sera dépisté en urgence, que ce morceau pourrit portera le nom: Spécimen Lara Turcotte. Ça prend tout un spécimen pour en découvrir un autre. Vu le prochain chapitre, est-ce que je ne devrais pas modifier immédiatement mon nom de famille. Pourquoi ? Je vis toujours dans le même patelin qu'autrefois. À chaque fois que je sors en public, on soulève toutes les histoires de ce passé qui fera toujours partie de ma vie présente. C'est écrit dans mon ADN. Patricia Turcotte © Le 08 mai 2010

Chapitre -15-

L’ARBRE GÉNÉALOGIQUE

Dans la drogue...moi !

Pendant tout ce temps de convalescence à l’hôpital de Québec, une infirmière part un tas d’histoires fausses et sans aucun fondement. Quelle vieille grébiche frustrée et coincée ! Elle prend un malin plaisir à alimenter une fausse rumeur:

«Madame Lara Turcotte trempe possiblement avec des criminels du monde de la drogue ?»

J’apprends de mon compagnon Michel et de mon fils Cédrick, ses propos mensongers qui prennent une tournure digne d’un roman policier. On cherche discrètement un coupable à mon insu, advenant mon décès. Michel qui m’a retrouvé dans la baignoire en plein coma/semi-coma fut soupçonné comme premier complice ou criminel, par deux personnes que j’affectionne particulièrement. Crois-moi, ça donne une chance à une personne de quitter des tas d’illusions et d’ignorances. Comment ces individus en qui j’avais toujours eu une grande confiance, peuvent-ils se laisser rompent les oreilles par une vipère pareille ? Le doute plane déjà auprès de tous, sans que je me doute de l’humiliation et de la souffrance de Michel et de Cédrick.

Ma tentative de suicide a ravivé leurs souvenirs pesants en plus d’augmenter la turbulence de leurs émotivités. Mon éloquent discours romancé pour persuader un proche que je n’ai absolument jamais consommée de la drogue, ne sert à rien d’autre qu’à m’assiéger de soucis et de chagrins déjà très affaiblie sur mon lit d’hôpital. Mes forces manquent pour mettre le holà sur ces propos ridicules. À compter de ce jour-là, une de ces deux personnes têtues comme un mulet, coupe les ponts définitivement avec moi. Quel dommage à cette époque-là ! Connaissant mes faiblesses humaines, ce ne sera pas dans la drogue que je tomberai advenant une heureuse occasion !!! Aujourd’hui, je suis parvenue à en faire mon deuil définitivement. Par chance, le Docteur Tarzan me connaissait très bien et n'a jamais prit au sérieux cette fausse rumeur.

L'intervention déplacée du psychiatre Métivier

Ce n'est pas tout comme bêtise humaine. Alors qu'à ce Centre hospitalier de l'extérieur, on me passait par précaution des examens médicaux de la tête aux pieds, et non seulement pour l'abcès pulmonaire, un appel téléphonique venant du psychiatre Rodolphe JC Métivier vient tout gâcher. Possiblement qu'on se préparait à faire quelques découvertes aux hanches et au bassin. Celles-ci ne viendront qu'à l'automne 1997. Cette apparition du psychiatre Métivier provient comme d'habitude, de ma proche parente et amie Sandra. Celle-ci a donné son esprit et son âme à la science médicale psychiatrique, à travers des séances médicales privées au cabinet du psychiatre Métivier. Ayant communiqué avec ce dernier, cela n'a pas pris de temps pour qu'il déroge à son code de déontologie médical. Il a colporté son diagnostic du cancer de la maladie mentale, au psychiatre de ce Centre hospitalier. Advenant une rechute en santé mentale, je demanderai pour la xième fois d'être transférer à un autre psychiatre, vu le double conflits d'intérêts. Non seulement on cesse la suite des examens, mais le psychiatre de l'hôpital de Québec se présente soudainement à mon chevet:

"Comment ça va aujourd'hui Madame Lara ?"

Cette simple phrase en apparence banale est, sans l’ombre d’un soupçon, prononcée sur un air d’inquisition. Je me doutais fort bien qu'il se tramait quelque chose de louche. Dans le minable état dans lequel je me trouvais, peut-être est-ce un tour de mon imagination ? Que vient faire ce psychiatre à mon chevet, vu que je me trouve à ce Centre hospitalier suite à un abcès pulmonaire ? Je me répète comme un perroquet. Les préjugés envers les gens souffrants de maladies mentales, ça débute dans les hôpitaux, les cliniques médicales, auprès des personnes atteintes et de leurs proches, et ensuite seulement, dans la société.

Lara: "Ça va bien Monsieur le psychiatre." répondis-je calmement, parce que c'était la pure vérité. Visiblement frustrée de ma réponse, celui-ci me réponds immédiatement sur un ton bourru:

Le psychiatre: "Comment pouvez-vous affirmer, Madame Lara, que ça va bien ? Vous ne savez même plus où vous habiterez?"

Lara: "N'est-il pas écrit dans les Évangiles, d'agir comme les petits oiseaux qui ne se stressent pas avec leurs nourritures ou leurs nids ?"

Le psychiatre s'en va en marchant du talon et avec un pas rapide. Celui-ci ne se présente plus jamais à mon chevet. Bon débarras.

La maudite drogue

Possiblement que mon grand frère Serge aurait touché à la maudite drogue ? Des proches l’auraient vus de leurs propres yeux, vus. De mon côté, j'ai été témoin d'un curieux personnage qui a cogné à la porte de la maison familiale, pour nous avertir que nous sommes tous en grand danger. Ça fait partie du passé bien lointain. La seule chose que je peux certifier pour l’instant, c’est que le psychiatre Métivier m’a appris que Serge ne trempait absolument pas dans le monde de la drogue. Il m’a avoué que mon frère était réellement devenu schizophrène. Qui dit vrai ? Fort possiblement que chacun possède sa vérité ?

Chaque être humain est une histoire sacrée ( Jean Vanier )

Chaque personne détient sa propre histoire sacrée. Seul mon frère Serge pourrait écrire le contenu de son existence et exactement comme ça s'est produit. Crois-moi que tous en seraient confondus....dus....dus; comme citait le bon vieux Capitaine Bonhomme de mon enfance.

L’arbre généalogique

D’ailleurs, le psychiatre Métivier m’a confirmé, sans l’ombre d’un doute, qu’à peu près toutes les personnes portant mon nom de famille, sont atteintes de maladies mentales....à part une seule personne qui fut très bien identifiée. Chut….c’est confidentiel. Et, sans jamais en recevoir à peu près aucun à son cabinet médical. Quel grand maître ce psychiatre Rodolphe JC Métivier ! Pas mieux, lié par le secret professionnel, a-t-il mentionné en portant la main sur son cœur, toutes les familles portant le même nom que le mien, c'est-à-dire les familles "Turcotte," se trouvent considérées comme les familles les plus touchées par la dépression et les maladies mentales au Québec. Si cette rumeur du psychiatre est réelle, quelle triste nouvelle pour chacun de nous !

Il se peut aussi que je me trompe, et ce serait super cool. Après tout, mes recherches sur l'arbre généalogique de ma famille ont durées seulement quelques mois. Autant ne pas prendre de chance. En plein office religieux à propos des maladies mentales qui se transmetteraient jusqu'à la quatorzième génération, je prends ce Jésus au gros sérieux. Je lui demande de descendre jusqu’à la quatorzième génération des familles "Turcotte", pour me délivrer des maladies mentales de mon ADN que je porte possiblement depuis ma naissance au 22 avril 1956. Tout comme je n’entrevois pas l’importance de quitter les rangs de l’Église catholique en signant une demande d’apostasie, je ne vois pas l’utilité de modifier légalement mon nom de famille "Turcotte". À quoi bon !

De là, de futures quêtes de vérités suivront pour vérifier si la réincarnation ne serait pas la théorie plus intelligente que la résurrection. Je suis descendue jusqu'à l'an 325 après Jésus-Christ, à travers le Concile de Nicé du Vatican, publié sur le Web. J'en suis arrivée finalement à la conclusion que je suis une personne humaine unique et éternelle, comme chacun de nous, fort possiblement. À chacun ses quêtes de vérités: Scandale dans la famille, de Sacha Distel.

Faire son deuil

Pendant plusieurs années avant ma tentative de suicide et après celle-ci, je rencontre à maintes reprises, un profond malaise et une grande lassitude reliés à ces ruptures inévitables avec des personnes chères. Mon deuil véritable dure cinq ans et se produit en versant beaucoup trop de larmes. Ceux qui adhèrent à la théorie que, seule la personne qui s’enlève la vie est responsable de ce geste de désespoir, laisse-moi te dire que tu patauges par-dessus la tête, dans l’orgueil spirituel. Si seulement ce parcours traversé avait été moins souffrant. Pour y parvenir, encore fallait-il que je découvre qu'il est possible d'avancer dans la vie avec le moins de souffrances possible. Élevée dans la foi Judéo-Chrétienne, ça prend tout un bond d’évolution pour réaliser cela.

Cette rumeur de la drogue

Il s’avère prioritaire ici de remettre les points sur les " i " et les barres sur les " t ", au sujet de ma supposé implication dans le monde de la drogue. Je relate les faits avec le plus de justesse et d’exactitude. Quelques mois avant mon geste de désespérance, une ex-collègue d’études secondaires se rend bien compte de ma grande lassitude et de mon évident épuisement professionnel. Spontanément, elle réussit à me convaincre que deux cigarettes d'herbes bleues ou de marijuana m’apporteraient un bien-être évident, en plus de soulager les malaises physiques chroniques. En ayant déjà raz-le-bol des histoires de drogues dans ma jeunesse, jamais oh grand jamais je ne toucherais à la drogue. Encore les pôles extrêmes qui se côtoient en moi. Tant qu’à expérimenter des quêtes de vérités, pourquoi ne pas essayer d’en profiter pour voir diminuer ces maudits malaises physiques au dos. Sans compter que je prenais une chance d’atteindre mon état débonnaire d’autrefois ?

Quelques jours plus tard, mon tour de gagner à cette loterie ne se présente pas au rendez-vous de la drogue. La fumée bleue n’arrive pas à descendre dans ma gorge déjà en feu, en plus d’une odeur déplaisante qui empeste à la grandeur de mon appartement. Convaincu de capter la bonne décision, je réduis en cendre la seconde cigarette en la cassant en milles miettes. Voilà ma véritable expérience dans le monde de la drogue, à l’âge de trente-six ans et demi. Demande spéciale: La drogue, du Père Gédéon.

La vie est un jeu

Sans défense ni résistance, je ne parviens plus à trouver d’autres arguments pour établir la preuve de mon innocence auprès de cette personne chère. À quoi bon, je n’y parviendrais même pas dans la semaine des quatre jeudis. J’apprendrai seulement dans les années 2000, que je ne suis responsable que de mes propres pensées et de ma seule conscience en ce bas-monde. Donc, je réalise encore une autre fois grâce à Roland D’Aigle, que je ne peux absolument pas changer les pensées ou jugements des personnes qui m’entourent. Ça va bien avec la prière de la Sérénité.

:"Garde cela simple Lara", me répétera Vieux-Sage à plusieurs reprises dans les années 1997 à 2001. Comme tout le monde, il m’arrive aussi de rechuter en tous les domaines de mon existence. Une vigilance de tous les instants s’impose pour la dépendance affective. Si la vie est un jeu, autant en apprendre les règles.

Retrouver le sens de l’humour et du rire

Un anecdote humoristique se produit lors de ces quatres mois d’hospitalisation. Le bon Docteur Tarzan m’explique que je passerai une longue période en milieu hospitalier. En tentant de me donner un petit coup de pouce pour retrouver mon sens de l’humour d’autrefois, il marmonne doucement:

« Lara, histoire de ressentir moins ces sacrées douleurs, voici un conseil. Imagine-toi que je suis photographié sur un énorme poster collé au plafond de ta chambre…..mais en tenue de Tarzan. »

Cette curieuse blague suffit à me déclencher un rire aux larmes, même sur mon lit d’hôpital. Ce judicieux conseil n’entre pas dans l’oreille d’une sourde. Une infirmière ayant aussi un excellent sens de l’humour se met de la partie, si bien qu’il a fallu que je lui raconte un anecdote survenu dans ma vie personnelle amoureuse. Visiblement, la chose que je réussissais le mieux, c’était de souffrir physiquement. Quant au moral, il n’existait pas une meilleure thérapie que l'humour et le rire. Même l’infirmière s’imaginait que le Docteur Tarzan qu’elle côtoyait à chaque jour, se promenait dans sa tenue de Tarzan. Ça ressemblait étrangement à un hôpital en folie.

L’humour, le plaisir, le rire et la sensualité

Il n’y a donc pas seulement Patch Adams qui amuse les patients des hôpitaux en se servant de trucs complémentaires, autant humoristiques que sensuels. L’humour, le plaisir, le rire et la sensualité deviennent les meilleurs remèdes au monde, après ceux que l’on doit prendre pour se soigner ou soulager les douleurs. Même ma convalescence d’une année à la maison me donne l’occasion de poursuivre cette thérapie par l’humour et le rire. Parfois, ça pratique ma patience en maudit. J’ignore si le Docteur Tarzan fréquente une blonde dans sa vie personnelle. Néanmoins, sa photographie sensuelle et imaginaire reste toujours collée au plafond de ma chambre, le jour comme la nuit. Et, ce sera de même jusqu’à ce que je rencontre mon propre Tarzan.

La blondinette de Tarzan

Grâce à ce truc génial, j’en suis venue à cesser le remède pour diminuer l’anxiété et celui pour mieux dormir. Merci encore une fois, Docteur Tarzan, pour avoir ajouter l’humour à mes traitements médicaux. Advenant une catastrophe de votre côté, n’hésitez pas à en faire autant avec ma photographie en tenue de blonde de Tarzan.

Ma convalescence

Peu à peu, une force nouvelle se frayait un discret chemin à travers mes faiblesses et mes pauvretés. Durant une année suivant cette longue hospitalisation du printemps 1993, mes marches quotidiennes devenaient de plus en plus pénibles, tellement la douleur aux pieds fut lancinante. Mon étonnement fut de réaliser que non seulement, je n’avais pas réussit à fuir la souffrance physique, mais qu’il me fallait l’affronter à nouveau et en pire. Profiter de cette seconde chance me soulevait souvent comme une chenille qui se transforme en papillon.

Les grébiches et mémères du quartier

Toutefois, il me fallait éveillé toute ma sagesse et mon calme, face aux commentaires désagréables venant des grébiches et des mémères du quartier. À leurs yeux d’ignorantes, elles croyaient dur comme fer que, tous mes problèmes physiques provenaient des suites de ma tentative de suicide. Cinq ans après ce drame, on me radotait les mêmes rengaines à chaque pâté de maison.

Un rêve à l’adolescence

Les rêves de la jeunesse non réalisés reviennent toujours nous hanter ( H. Jackson Brown )

Rien ne laissait présager que le temps de concrétiser un vieux rêve de jeunesse, se rapprochait de plus en plus. Étant jeune, ma mère July m’invitait à l’accompagner lors de ses consultations médicales à Québec. Nous partions toute la journée en autobus. Sans trop savoir pourquoi, dès que j’entrevoyais le pont de Québec, je savais intuitivement qu’un jour viendrait où j’habiterais dans cette superbe ville. Ce rêve commençait à reprendre forme secrètement dans mon cœur. Malgré mon tempérament habituel de battante, ce n’était pas le temps d’entreprendre une cure géographique, mais l’heure de me relever avec dignité et succès, de tous ces revers. Il viendra sûrement ce temps idéal pour ébaucher des projets de longues haleines. Ce n’est pas facile de m’imposer ce long temps d’arrêt, de réflexions et de repos, moi qui avait l’habitude de cumuler milles et un projets.

Des pas sur le sable

Cette convalescence me permet de scruter les évènements passés et d’entreprendre courageusement le bilan de ma vie. Un auteur inconnu a écrit que la vraie folie est de répéter toujours les mêmes erreurs, en s’attendant à des résultats différends. Sans oublier de remercier le Créateur pour ce merveilleux cadeau du don de la vie. Je ressens parfois des sueurs froides dans le dos, rien que d’envisager quelques secondes une rechute à l’asile des fous et en face du psychiatre Métivier. Je traverserai la rivière lorsque je serai rendu au pont.

C’est quand toutes les choses sont au pires, que l’Homme est à son meilleur

Quant au Maître intérieur, je ne cesse de le remercier pour tout le bien qui ressurgit de cette pénible expérience. En réalité, celui-ci m’a toujours tenu dans ses bras, même lorsque je doutais de sa présence. Possiblement qu’il se tenait si près, que je le croyais disparu à tout jamais, comme cite mon cadre intitulé: Des pas sur le sable.

Mes prières de louanges deviennent quotidiennes. Bien des situations demeurent en apparences toujours identiques, comme la douleur physique et l’apparence de vivre comme une éternelle diablesse sans ressource, sans sous ni maille. En fait, cela en sera de même, tant et aussi longtemps que cette heure chanceuse ne se pointera pas à mes rendez-vous quotidiens. Demande spéciale: C'est mon histoire, de Renée Martel.

Patricia Turcotte © Le 09 mai 2010

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