LES ÉCRITURES DE PATRICIA TURCOTTE

Des articles sur des sujets sociaux et vie citoyenne-politique, ainsi que des romances d'intérêts publiques. Bienvenue sur mon blog, Patricia Turcotte

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Lieu : Saint Georges, Québec, Canada

Un Vieux-Sage m'a dit:" Patricia, cherche bien dans le plus profond de ton être, ce que tu aimerais accomplir à compter de ce jour, et ce, autant dans la pauvreté financière, dans la maladie et la solitude, que dans la prospérité, la santé, ou la célébrité." Sans hésiter je lui réponds: Écrire. Ce sage me réfère alors au dicton populaire: Plus tu attends d'avoir l'air d'un ange pour agir et plus tu risques d'avoir l'air bête. Bienvenue sur ce blog ! Patricia Turcotte

mardi 30 mars 2010

MA MAISON DE PAIX ( Chapitre 3-4-5)

Chapitre -3-

LARA, TU DIS DES PAROLES RENVERSANTES AVEC UNE SIMPLICITÉ DÉSARMANTE

Mon premier amour

Nouvellement acoquinée de Michel, mon premier ami de cœur, je me sens mieux soutenue et encouragée pour traverser le départ soudain de mon père. Son tempérament fort, réservé et pacifique, de même que son côté travaillant, honnête, réaliste et sérieux, me convenait par-dessus tout. Deux ans auparavant, j’avais rompu les liens entremêlés d’amitié et d’amour avec Jean. Son tempérament plus extériorisé et son excellent sens de la communication allaient chercher en moi, ces intenses douleurs morales d’autrefois. La raison véritable de cette rupture fut placée sur le compte de notre lien de parenté. Il était impossible pour moi de confier ces secrets intimes, à qui que ce soit.

Le décès de mon père

À peine deux ans après la mort tragique de Serge, mon père Vic meurt d’un infarctus du myocarde, c’est-à-dire, accablé sous le poids de la peine et du chagrin. Il exalte son dernier soupir sous mes yeux, alors que je venais à peine de fêter mes dix-sept ans. Seules les larmes invisibles de mon cœur me révélaient une profonde nostalgie. Les larmes de mes yeux ne fonctionnaient à peu près plus.

Au salon funéraire, on s’apprêtait à fermer le cercueil de papa. Soudainement, je parviens à extérioriser cet énorme boule de chagrin, pendant quelques brèves secondes. Mes chaudes larmes qui coulaient de mes yeux semblaient réellement un doux baume pour mon cœur. Tout comme mon esprit croyait depuis la petite enfance, à une vie meilleure dans l’autre monde. Ma vulnérabilité, ma fragilité et ma grande sensibilité se dévoilaient au grand jour, à mon grand étonnement. Sans crier gare, j’éprouve une envie de donner de la voix publiquement à ce sentiment d’abandon, non négligeable. Je me ressaisis en deux temps trois mouvements, de ces soudains instants de grandes faiblesses.

Dans les bras de mon père et de mon frère

Les débordements émotifs ne sont pas les bienvenus dans mon environnement immédiat. À l’instant même où je refusais que l’on ferme la tombe de papa, Michel me réconforte affectueusement dans ses bras. Je ressens curieusement une étrange impression de consolation et d’apaisement profond. Voilà que bien inconsciemment, je viens à peine de reconquérir les bras de mon père Vic, mais aussi ceux de mon frère Serge.

Isolée dans ma souffrance

C’est à peine si je parviens à reconnaître et à exprimer intelligiblement, mes besoins véritables. J’éprouve une brisure profonde avec mes émotions et mes sentiments. Impossible pour moi de partager mes ressentis et mes douloureux chagrins. Sans trop m’en rendre compte, je commence déjà à m’isoler dans cette souffrance. Habituée de composer avec une neutralité affective et le déni, je crois en toute bonne foi que mes problèmes ne s’avèrent plus si essentiels.

Je ne savais pas à cette époque, que Papa Vic se disait sûrement de là-haut:

" Quel évènement du futur pourra faire explosé de peines et de colères, ou bien, délogé en douceur cet énorme presto d'émotions et de sentiments accumulés depuis mon enfance ? "

Demande de l’aide

Trois jours après le décès de mon père, un songe du petit matin m’apporte à la fin du compte, un réel réconfort.

Dans une dimension tout à fait nouvelle pour moi, c’est-à-dire, dans la réalité invisible de papa, je le vois heureux et sérieux, entouré de jolies lumières aux couleurs de l’arc-en-ciel. Papa Vic me prends affectueusement dans ses bras et me glisse délicatement dans le creux de l’oreille et à deux reprises.

- " Lara, demande de l’aide, demande de l’aide."

Je te partage les trois cadeau reçus en héritage de mon père. Il avait écrit une pensée à travers mon journal intime datée du 05 septembre 1996. J’avais 10 ans.

" À ma Lara chérie, Tout au long de ta vie, quoiqu’il t’arrive d’heureux ou de malheureux, tu pourras toujours compter sur celui qui ne t’abandonnera jamais. Ton papa Vic. "

Une autre pensée de philosophie appartenant à mon père et venant d’un auteur inconnu.

TENIR

Quand tout va de mal en pis,

Et que la mauvaise route nous ralentit;

Quand les recettes diminues et que les dettes augmentent.

Et que vous voudriez sourire en dépit de la tourmente;

Quand on a besoin de vous,

Faites une pause mais restez debout.

La vie est bizarre avec ses détours,

Nous l’apprenons tous un jour;

Mais celui qui lâche et revient sur ces pas,

Aurait pu gagner en se disant: - Je ne quitte pas.

Ne quittez pas, même si vous avancez lentement,

Vous réussirez seulement en étant persévérant.

Souvent le but est tout près,

Mais il semble loin à celui qui n’est pas prêt.

Souvent quelqu’un a tout abandonné,

Alors que la coupe de la victoire lui aurait été donné.

Et il apprend trop tard, le cœur serré,

Comme il était prêt de la couronne dorée.

Le succès est souvent un échec surmonté,

Il suit quelquefois une période où l’on a douté.

On peut ignorer où l’on est,

Et penser être loin quand on est tout près;

Mais il faut continuer le combat, quand le finir on préférerait.

C’est justement quand tout va mal, qu’il faut à tout prix tenir.

En plus, il me laissait son jeton reçu après un an d’abstinence dans le mode de vie

des douze étapes des Alcooliques Anonymes. Ces mots sont inscrits sur ce jeton:

- Générosité – Droiture –Pureté – Amour – Tolérance - Avec le temps ça se fait -

Pense avant de boire et appelle avant non après.

Il n'y a pas plus important héritage que ces beaux cadeaux de papa Vic. Plus jamais je ne me suis sentie attristée de son départ trop rapide. Je ne me doute pas qu’un profond sentiment d’abandon se logeait subtilement dans le creux de mon être.

Jeune adulte

Briser ce mur du silence demeure au-dessus de mes forces. Je brûle d’envie de mieux saisir le geste de désespoir de Serge. Mes ressources semblent tellement limitées pour demander de l’aide. Déjà, je ressentais une légère confusion à propos des conseils de papa, au sujet de cette demande d'aide. Il me semble que celle apportée récemment le nouvel amour de Michel, est tout à fait suffisante. À peine sortie de l’adolescence, que je porte sur mes fragiles épaulettes, deux fardeaux beaucoup trop lourds.

Dans ces conditions, s’amorce mon arrivée dans le monde des adultes. J’investis mes énergies dans les études, dans l’espoir de devenir travailleuse sociale. Bon an mal an, je file ma route comme si tout est satisfaisant, autant dans ma vie personnelle, que familiale et sociale. Cette désolante page de mon passé se ferme à perpètre, pour mener une vie ordinaire, en apparence simple, heureuse et sans histoire. Je me souviens à de rares exceptions près, d’une force intérieure qui m’habitait à une époque lointaine.

Un message d’espérance

À dix-sept ans, je suis invitée à participer à une rencontre thérapeutique spécialement réservée aux jeunes, à la Maison Jésus Ouvrier de Québec. Lors d’un agréable rendez-vous avec le prêtre responsable, Monsieur Tremblay, je parviens à me libérer de ces épreuves de l’adolescence. Me voilà en train de me confier en lui partageant les deuils déchirants vécus à l’adolescence.

Lara:- " Les ambulanciers me confirment que papa était bien décédé, avant même que je lui procure la respiration artificielle. Grâce aux cours de natation du terrain de jeu municipal, on m'avait appris les cours de derniers soins en cas d'un infarctus. La nette impression qu’il respirait à chaque bouffée d’air que je lui transmettais, n’était que mon souffle personnel. Je ne me suis jamais sentie coupable par la suite, du décès de mon cher papa Vic. Il faut dire que j'en avais partagé amplement, des beaux souvenirs d'enfance et des moments heureux en compagnie de mon père. C'est un peu gênant à révéler, mais à mon point de vue de jeune fille de dix-sept ans, je le trouvais chanceux de mourir aussi vieux qu'à l'âge de cinquante ans."

Prêtre: " Quel témoignage touchant ! "

Lara: " Pendant plus d’une demi-heure d’attente, le professionnel de la santé descend des étages de l’hôpital pour une consultation avec papa Vic. Le prêtre se présente dans les cinq minutes suivant son décès. Intuitivement, je savais qu’il venait consoler tous les membres de ma famille. La colère rouge, noire et mauve de mon frère Yan m’étonne plus que tout. Néanmoins, je devais retenir mon envie d’éclater de rire de la situation que je trouvais légèrement déplacée, mais un brin coquasse. "

À la fin du repas de groupe, l’homme de foi me glisse discrètement une serviette de table sur laquelle cette phrase est inscrite:

Prêtre: - " Lara, tu dis des paroles renversantes, avec une simplicité désarmante."

Au plus intime de mon être, je pressens que cette phrase sera publiée dans mon premier roman. Je me sens décidément comprise, accueillie et libérée de ces servitudes. Après quoi, je boucle avec nostalgie ces sinistres épisodes du bon vieux temps, assurée d’avoir enfin demander de l’aide. Le futur m’apprendra par contre, que je conservais inconsciemment une colère rouge, mauve et noire, peut-être semblable à celle de Yan.

Mon chemin se poursuit simplement et candidement. Les personnes dépressives ou atteintes par la maladie mentale, c’est-à-dire, les mal-aimés et les lépreux de l’esprit, avaient intérêts à se tenir éloignées de ma bulle. Tout comme cette façon inhumaine de traiter un être cher, dans le domaine hospitalier. Comme si la maladie mentale s’avérait contagieuse, comme la tuberculose et le sida. Comme si le sort de la vie humaine dépendait entièrement des professionnels de la santé. Instinctivement, je fuyais ma propre souffrance endormie au tréfonds de mon être.

Chapitre -4-

COMMUNICATION AVEC LES MORTS

Je n'aurai pas le temps de Michel Fugain, suivi de: Guantaméra de Nana Mouskouri, ainsi que John Littelton avec: Gethsémanie.

Anecdote: Dans ce livre très sérieux, j'ajoute une touche d'humour réaliste. Ayant dû en cours de route, avoir à me réconcilier avec des personnes chères décédées, j'ai pensé à ce moyen original de te confier mes pas d'actions en ce sens. Je n'ai jamais entrepris des réelles communications occultes avec les morts. Néanmoins, je communique dans des cœurs à cœurs avec les personnes chères décédées, exactement comme avec les êtres vivants. Mieux encore, puisqu’elles saisissent sûrement mes propos dans une dimension plus élevée.

Lara: " Te souviens-tu Vic, lorsque tu comptais la monnaie dans ta tirelire antique Prince-Albert ? "

Vic: " Oui Ti-fille. "

Lara: " Tu vérifiais si tu possédais assez de monnaie pour te procurer ce disque au prix de .69 sous. Pauvre Papa Vic. Comme te disait ton accompagnateur spirituel: « tu habiteras un Ciel plus beau, à force de tant souffrir et de ne plus t’appartenir, tellement tu appartiens aux autres. Cette dernière phrase est même inscrite sur ta carte mortuaire."

Mon premier vol d’enfant

Lara: " Papa, par amour pour toi, je te confie un gros secret d’amour que je ne conseille pas aux jeunes. Lorsque tu m’apportais avec toi pour aller à une réunion du mode de vie des douze étapes, je t’attendais au village. Tu te souviens ? Je suis allée volée ce disque au magasin Farmer situé au centre ville de Saint Georges. Ne t’inquiète pas Vic. Par la suite, je suis allée à la confesse avant la grande messe du dimanche. Heureusement que je ne t’ai pas révélé ce vol, lors de ta mission de papa !"

Oupsss….! Papa me réponds. Je couche sur le clavier de l’ordinateur, les intuitions ressenties très clairement avec lui.

Vic: " Est-ce que tu comprends mieux maintenant ma très chère fille Lara, pourquoi j’ai dû obéir à mon accompagnateur religieux, en t’enlevant ton premier véritable souhait de Noël: ta table Ouija ?"

Lara: " Si je m’en souviens ? Bien sûr, j’ai tellement pleuré en me couchant. Mais je comprenais déjà ces tas de capotages dans la foi religieuse. "

Vic: " Lara, je te défends bien de citer cette dernière ligne, dans ton premier bouquin. Si tu as oubliée ta première et ta dernière question posée à Ouija, je vais te renouveler la mémoire. Tu avais demandé à quel âge tu mourrais. La table Ouija a répondu à cinquante-six ans. Heureusement que tu as été exorcisée en 1992-1993 et 1998 une dernière fois ! "

Lara: " Cher Vic, Je n’ai plus douze ans. Avec tout le respect que je te dois toujours, je t’invite à te retirer avec tes idées aussi rigides. D’ailleurs Vic, as-tu vu de quoi ça l’air dans l’Église catholique, ces temps-ci?"

Vic: " Je vais te donner une douce leçon. "

Oupsss…! Il semble qu’un autre compagnon désire intervenir.

Lara: " Allô la Terre, ici la lune. Qui est là ? "

Serge: " Ton grand frère Serge. Je te remercie de ta réconciliation avec moi, petite sœur Lara. N'oublie pas de gribouiller dans ce bouquin romancé, que cette façon de communiquer avec les morts, ce fut ta façon originale de guérir ces grandes blessures de l'enfance. Après tout, il n'y a aucune séparation avec les vivants et les êtres chers décédés; même suite à une tentative de suicide. Nous sommes encore là à vos côtés, même si notre nouvelle dimension est invisible à vos yeux. Lara, me rendrais-tu un énorme service? Est-ce que tu voudrais sortir ton vieux talent d’antan, soit l’imitation des écritures, pour écrire à mon idole René Lévesque ? "

Lara: " Pourquoi faire grand frérot ? Tu sais que j'ai toujours été très reconnaissante envers toi qui m'encourageait à développer ce talent pour mon propre plaisir. "

Serge: " Lara, il y a des individus qui suivent des cours à l'Université pour apprendre l'imitation des écritures. Je désire rendre service à toute la classe politique du Québec. Le parti Québec Solidaire devrait se rallier au Parti Québécois. Sinon, ils devront attendre en l’an 3000 pour que le Québec devienne un pays. "

Lara: " Ça va faire là ! Demande à te réincarner si cela te tracasse autant. Y’a pas question de sujets politiques dans ce roman réalité. Et, si j’écrivais une lettre aux députés et ministres au Québec, ce serait à Robert Bourassa et Claude Ryan du parti Libéral 1984-1990. Histoire de régler de vieux comptes qui traînent depuis trop longtemps. Qu'est-ce qu'ils ont faits comme changement dans la réforme des lois et du droit professionnel du Québec ? Est-ce que les citoyens ordinaires qui se présentent devant le Tribunal des Professions, se font toujours barrés le droit d'en appeler devant la Cour d'appel du Québec, par exemple, en commettant une erreur humaine à la face même du dossier ? Parce que ce recours est praticable pour les professionnels. Une avocate du Protecteur du Citoyen m'a affirmé en l'an 2000, que je ne supporterais même pas de connaître tous ces changement. Fin de notre entretien fraternel, toi dans ta réalité invisible et moi dans ma réalité visible. Au revoir cher Serge."

Dans le domaine de la vente

De là, l'idée de de me diriger dans le domaine de l'assurance-vie. Une influence de papa Vic qui a eu le courage de pendre une petite assurance-vie, ne serait-ce que pour que nous conservions la maison familiale. Auparavant, je me rends à la Ville de Saint-Georges, pour soumettre ma candidature comme secrétaire du maire. L'entrevue se passe très bien, sauf lorsqu'on me demande le nom du maire. Quelle naïveté ! Pas de chance pour ma première véritable attirance. Qui saura si je ne serais pas devenue une bonne mairesse ?

Après quelques semaines de recherches d’emplois, je suis embauchée comme secrétaire responsable d’une compagnie d’assurance-vie de ma ville natale. Le patron connaissait très bien mon père qui avait toujours eu une bonne réputation. Ce nouveau travail me permet de me procurer une voiture neuve, afin de suivre des cours de perfectionnement pour devenir courtier en assurance-vie. Mes désirs se réalisent les uns après les autres: le mariage, la maison, ainsi que la venue d'un enfant qui vient embellir ce véritable conte de fée, devenu réalité.

Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années.

Au début de l’année 1976, le Directeur de la succursale passe une publicité dans le journal local. Pour la première fois, on voyait mon visage dans les médias. Ça faisait curieux pareil. Je n’étais pas vraiment constituée pour mener une vie publique ou médiatique. Je cite quelques lignes de ce souvenir conservé:, soit une annonce publicitaire pour ma candidature comme agent d'assurance:

" Lara découvrit que ce genre de travail lui conviendrait. Sa première vente fut celle de convaincre son gérant, de l’engager comme représentant. Après un départ fulgurant dans la vente, elle se classa la recrue de l’année. C’est la preuve qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années. "

Chapitre -5-

SECOUÉE DANS MES ROUTINES

La virginité avant le mariage

Compte tenu des valeurs reçues à propos du sacrement du mariage, la virginité jusqu'au sacrement du mariage fait partie du rendez-vous. Ne te moque pas de moi, d'accord. J'ose te partager que si c'était à recommencer, je....ah, je préfère m'abstenir vu que je m'adresse aux adolescents de douze ans. Cela ne m'empêche pas de lire en cachette, les revues: Union, de mon grand frère Serge. En plus d'être fascinée par les émissions de Jeannette Bertrand veut savoir. En 1973, les mœurs ne ressemblaient pas du tout à celles de l'an 2010. Ce qui est important, fut que j'ai respecté mes convictions profondes "inculquées subliminalement" en ce domaine. En 1977, cette valeur ou ce choix s’avérait obligatoire ou à la mode. Quel énorme risque advenant que l’entente sexuelle ne soit pas au rendez-vous !

Un curieux pressentiment

Une nouvelle épreuve de grande importance me surprendrait au détour, pour secouer mes routines. J’en suis plus que certaine. Vers juillet 1981, un mauvais rêve sonnait l’alarme suivit d’une apaisante voix, quasi familière et réconfortante, qui me préparait pour ce prochain coup du destin. Possiblement pour traverser un obstacle majeur? En autant que ce ne soit pas la perte d’un être cher, à travers un décès ou une maladie, un accident, un divorce. Les probabilités s’avéraient nulles, quand à ce dernier trouble légèrement anxieux. N’étant pas une liseuse de bonne aventure, je ne me doutais absolument pas de quel coup du sort consistait cet avertissement. Les mois passent si rapidement que je suis persuadée m’être trompée dans l’interprétation de ce rêve.

Mon travail nécessitant plusieurs déplacements sur la route, m’emballait et m’enthousiasmait par-dessus tout. Des cours de perfectionnement au cégep et à l’Université, s’ajoute à mon agenda dans un futur à court terme. Je caresse le désir de décrocher mon diplôme de courtier d'assurance-vie agréé. Mon orientation professionnelle emprunte une tournure tout à fait différente de ma vision d’adolescente, mais combien enrichissante et passionnante.

L’homme ne peut découvrir de nouveaux horizons, à moins d’avoir le courage de perdre de vue le rivage. (André Gide, sachons ouvrir nos esprits)

Chaque être humain peut être sortit, doucement ou brusquement, de ses routines quotidiennes par un évènement inattendu, tel: la douleur chronique, l'itinérance, une faillite personnelle, un divorce, la perte de son emploi, un épuisement professionnel, une maladie physique ou mentale, un accident imprévu, une procédure judiciaire inattendue, le décès d’un être cher, une tentative de suicide, et cetera, et cetera.

Secouée dans mes routines quotidiennes

Un coup du sort métamorphose mon train-train quotidien, le soir du 19 octobre 1981. Paisiblement en route vers la résidence d’un client, un autre véhicule fonce littéralement sur le mien, sans aucun signal avertisseur. Eh oui chers Messieurs, la conductrice est une ancienne religieuse à la retraite et non un chauffeur masculin. Je dois apprendre à composer avec la douleur au dos, constamment présente. Sans répit, je recherche du soulagement qui ne vient jamais. Mon existence si paisible se retrouve complètement empoisonnée.

La maladie imaginaire

À vrai dire, je passe davantage pour une malade imaginaire et une lamenteuse. Comment ne pas exprimer cette maudite douleur achalante ? Je sais très bien qu'aux yeux des autres, je porte bravement la robe des fous dans mon propre patelin. Tout comme tant d’autres qui souffrent continuellement de douleurs physiques invisibles, telles: la fibromyalgie, l’arthrose, l’arthrite, la dégénérescence osseuse, etc. Afin d’agrémenter le tout avec encore un léger brin d’humour, j’ajoute: comme l’apôtre Saint-Paul dans les Évangiles, je vis constamment avec une écharde dans la chair.

La douleur chronique " qui rend fou"est une amie encombrante

Tous mes rêves s’écroulent les uns après les autres. Les fondements de ma maison de paix s’effondrent sous mes yeux, comme un ridicule château de cartes. Pourtant, je crois avoir bâtit ma vie sur des fondations très solides. Je me sens désemparée devant tant de chemins inconnus. Habituellement, je me sentais toujours en position de contrôler ma vie. Cela devient impossible d’accepter de vivre avec ces malaises physiques chroniques, à peine âgée de vingt-six ans.

Maman n'est plus la même qu'autrefois

Ces douleurs chroniques rendraient fou n’importe quelle personne en excellente santé physique et mentale. Ce nouveau maître empoisonne, non seulement ma vie, mais aussi celles des êtres chers. À vrai dire, mon garçon Cédrick âgé de trois ans, ne me connaîtra jamais pour de vrai. Sa maman qu’il aime bien gros, vit constamment avec sa bouillotte chaude et son collet cervical. Habituellement pas trop douillette pour mon corps, voilà que je me plains constamment de douleurs au dos. Ces malaises sont considérés comme banals mais bizarres. Je suis bien la seule à croire que ces bobos ne sont pas banals du tout, mais vraiment bizarres.

Un rêve se transforme en cauchemar

Hélas, je réalise qu’une thérapie en profondeur aurait été prioritaire, avant d’unir ma destinée à l’élu de mon cœur. Ça prendrait toute une catastrophe pour me faire vaciller de mes valeurs, et pour rejoindre les rangs des personnes divorcées. Tu connais déjà mes préjugés sur ces sujets, dans le temps de ma jeunesse. Me voilà donc épouse, mère, et femme d’affaires à vingt-deux ans. Après cet accident de voiture, je ne suis plus une bonne conseillère ou vendeuse. Mon côté artistique et bohème en prenait tout un coup. Quelles ignorances m’habitaient naïvement, compte tenu des profonds chagrins qui sommeillaient inconsciemment dans le tréfonds de mon âme !

Une anxiété pernicieuse nourrit sans cesse mon esprit devenu fragilisé par ces malaises. Pendant trois semaines, je reçois même des remèdes pour prévenir la dépression, ainsi qu'une demande d'hospitalisation pour recevoir des traitements intensifs de physiothérapie.

Un once de pratique vaut une tonne de théorie ( Luc Brières )

Ce sujet n'est qu'effleuré très brièvement. Cela fait dorénavant partie de mon passé bien passé. Néanmoins, ce passé est cité à chaque mois de ma vie présente, par des gens de ma ville natale. Il faut précisé que je demeure en région et non dans une grande ville comme Québec, Montréal, Ottawa ou Paris. Des gens plus éveillés me radotaient que j'avais touchée à la grosse mafia organisée et légalisée, autant administrative que médicale, et juridique.

Je n’ai pas à regretter mes luttes passées, ni à faire comme si elles n’avaient jamais existées. Je vais plutôt les utiliser pour vivre en toute liberté ( Auteur Inconnu )

Assise à la salle d’attente de la physiothérapie de l’hôpital en janvier 1982, une brochure attire mon attention: Porter plainte contre un professionnel. Une Association de consommateurs du Québec a publiée cette brochure accréditée et inventée par le gouvernement Libéral du Québec. La procédure à suivre semble facile, gratuite, courte et accessible aux simples citoyens.

Je m’exprime intérieurement par cette pensée intime:

" Quelle formidable idée mise sur pied par nos Institutions gouvernementales démocratiques!"

La suite de ma pensée sincère et sûrement intime, secrète et inconnue de qui que ce soit:

" Mais, que vont faire nos aînés, nos gens à mobilité réduite ou handicapés, ainsi que toutes les personnes les plus vulnérables, si je ne porte une plainte contre un professionnel "?

Peu importe les détails complets de cette démarche et de celles qui ont suivis pendant plus de sept ans. Ce récit deviendrait trop lourd et monotone pour les jeunes et les aînés que je tente de rejoindre. Quelques brefs détails positifs et constructifs suffisent dans ce premier tome. Tu peux toujours te rendre lire les trois textes sur mon blogs et intitulés: La justice administrative qui rend fou (3-4-5).

Je ne me méfiais pas que cette noble réflexion du cœur, serait cataloguée rétroactivement dix années plus tard, comme une pensée à caractère paranoïaque. Je ne me souciais encore moins, que cette élémentaire démarche administrative et juridique, ébranlerait ma vie de simple citoyenne, confiante presqu'aveuglément au système des lois professionnelles du Québec.

La plainte concernant le professionnel de l’hôpital en janvier1982, fut rejetée du revers de la main par le syndic de sa Corporation professionnelle et en ces termes neutres:

"On ne peut dire que le professionnel est fautif, mais on ne peut dire aussi que Madame n’a pas aussi raison."

Je vois dans ma boule de cristal

Après cinq minutes dans le bureau du Psychiatre Métivier lors de ma troisième rechute en santé mentale, cette pensée était déjà cataloguée comme une pensée à caractère paranoïaque, sans même que je puisse lui partager ces faits vécus. Ce dernier n'a jamais voulu que je me confie en rapport avec cet événement et ceux qui ont suivis. Des recherches quelques années plus tard, me donne l'occasion de découvrir que le psychiatre Métivier possédait un étroit lien de parenté avec un professionnel pratiquant dans le même bureau que le professionnel Laterreur. Aussi, il suivait médicalement une personne très proche de moi, depuis plus de trente-ans. Ça prends pas un génie comme Einstein pour se rendre compte du double conflits d'intérêts.

Au début du printemps 1990, à la lecture d'un document juridique final sur cette histoire qui a durée sept ans, jugement tout à fait contraire à une grande partie de ma réalité, il se passe quelque chose d’anormal dans ma tête. Comme une impression de perdre la raison pour ne plus jamais en revenir. Malgré mes profondes convictions et mes préjugés, je ne peux échappé au cul-de-sac de ma condition de santé mentale. Pour la première fois, je dois emprunté le chemin de la maladie mentale, exactement comme mon grand frère Serge.

Ces anciennes histoires médicales et administratives n'ont plus tant d'importance en ce jour où je couche ces souvenirs sur le clavier de mon ordinateur. Courageusement, je suis allée récupérée l'héritage de toutes les personnes et Institutions concernées.

Docteur Laterreur: "Lara, ne cesse jamais de prendre des marches quotidiennes de santé, si tu veux conserver tes jambes." En plus, grâce à mes démarches personnelles pour obtenir tous mes dossiers médicaux au prix de 550$, je prends connaissance d'une précieuse recommandation médicale prescrite par le psychiatre Métivier:

Psychiatre Métivier: "Lara doit absolument arriver à évacuer toutes ses émotions refoulées, par tous les moyens possibles".

Un cadeau reçu au printemps 1990 est cette lettre du Protecteur du Citoyen:

" Madame,

L’énergie et la persévérance avec lesquelles vous avez cherché à défendre vos droits et à faire corriger les lacunes des mécanismes disciplinaires auront ainsi marqué, et ce, de manière significative, cette étape de développement du droit professionnel au Québec. Cette intervention marquait l’aboutissement d’une recherche d’envergure que vous avez inspirée en alertant le Protecteur du citoyen. Soyez-en à nouveau remerciée ".

Patricia Turcotte © Le 20 avril 2010

Chapitre -6- À suivre.

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1 commentaires:

Anonymous Anonyme a dit...

C'est un plaisir de vous lire , écritures plein de talent , bravo , tu es une perle rare.
Vous étes trés riche de culture " Coup d'épée , coup de maitre".

mohamed
alger qui te salue.

20 août 2010 à 14:18  

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